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LAGRANDE VADROUILLE. Gérard Oury, 1966. LE COMMENTAIRE. La France est un pays d’explorateurs. Rendons hommage à Jean-Louis Étienne, Nicolas Hulot, Antoine de Maximy, Gérard d’Aboville et avant eux Jacques Cartier, Jacques-Yves Cousteau, Jean-François de la Pérouse. La France est aussi un pays de râleurs qui n’ignorent pas que les
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Surtout le film fait l’étalage de tous les types d’humour – comique de situation, burlesque, jeux de mots, absurde – ce qui ne laisse aucun répit au spectateur. Acheter ce DVD sur
Site De Rencontre Kabyle En France. Louis de Funès et Bourvil dans La Grande Vadrouille». — TF1 Avec 17,5 millions de spectateurs, La Grande Vadrouille reste le troisième plus gros succès au box-office, après Les Ch’tis et Intouchables. Sans oublier ses innombrables rediffusions télé. Pour ses 50 ans, la comédie de Gérard Oury, avec Bourvil et Louis de Funès, ressort le mercredi 13 juillet en salle, en version restaurée haute processus de restauration a fait énormément de progrès Une première restauration avait été réalisée en 2002, fêtée par une projection à l’Opéra de Paris, là même où des scènes du film avaient été tournées. Depuis, le processus de restauration a fait énormément de progrès. La 4K marque une nouvelle étape spectaculaire », explique à l’AFP Sophie Boyer, responsable de la restauration du catalogue StudioCanal. Les négatifs 35 mm sont dans un état moyen, mais avec la très haute définition d’aujourd’hui, on a pu faire beaucoup mieux, tout en respectant les choix d’étalonnage de l’époque. La nouvelle version est très lumineuse, le son mono a été amélioré. Le défi de la restauration est de ne pas dénaturer l’oeuvre. Danielle Thompson [fille de Gérard Oury et coscénariste du film], qui gère le patrimoine de son père, a été directement mois de travail et une quinzaine de techniciens ont été nécessaires aux laboratoires Digimage Hiventy, spécialisés dans la restauration et déjà responsables de celle du Corniaud. Après son passage au cinéma, sur un circuit d’une trentaine de salles, cette nouvelle version 4K sera diffusée ensuite sur France 2.
Introduction Cette comédie de Gérard Oury qui met en scène Louis de Funès et Bourvil a été dès sa sortie en 1966 un immense succès populaire. Jusqu'à "Titanic" 1997 et "Bienvenue chez les Chti" 2008, "La Grande Vadrouille" a été le film le plus vu dans les territoires francophones avec plus de 17 millions de des répliques aiguisées, le talent confondu des comiques les plus populaires de l’époque, l’emphase de Louis De Funès et le côté nigaud de Bourvil, Gérard Oury ne pouvait pas faire faux. Et pourtant, ce film est matraqué à sa sortie avec férocité par les critiques de cinéma comme étant le film le plus minable de l’ n’empêche nullement "La Grande Vadrouille" de s’imposer dans la veine du cinéma populaire comme oeuvre de divertissement délirante et carrément cultissime. "La Grande Vadrouille" est dans la plus pure tradition des films d’aventures. En avion, en train, en voiture, à pied, à vélo, à moto, à cheval, en planeur. Un road movie aux multiples scènes de bravoure et d’humour constant qui se calme seulement pour que le spectateur reprenne son souffle à intervalles réguliers. Dans "La Grande Vadrouille", Bourvil joue le rôle d’un peintre en bâtiment débonnaire et gentil, Augustin Bouvet, qui se retrouve en 1942, pendant l’occupation allemande, à devoir gérer un aviateur britannique ayant atterri en parachute dans sa nacelle de avion vient d’être abattu par les Allemands. Lui et les deux autres pilotes sont recherchés activement. Courageux, Augustin Bouvet secourt le pilote et le cache avec l’aide de Juliette, jouée par Marie de Funès, lui, est Stanislas Lefort. C’est un chef d’orchestre acariâtre et fort en gueule qui hérite d’un des autres aviateurs anglais qui se cache à l’Opéra Garnier, dans sa au chef de l’escadron, Sir Reginald, il atterrit au zoo de Vincennes. Avant de sauter de l’avion, il a donné rendez-vous à ses hommes aux bains ainsi que vont se rencontrer le peintre, Augustin Bouvet, et le chef d’orchestre Stanislas Lefort, unis dans l’adversité. Car ils sont compromis, l’un comme l’autre, accusés de collaboration avec l’ennemi. Les voilà poursuivis par les Allemands, contraints d’aider les Anglais jusqu’au bout et de gagner avec eux la zone libre. >> A voir la bande-annonce de la version restaurée en 2016 Contenu externe Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible d'utiliser des cookies. Pour voir ce contenu vous devez autoriser les cookies. Autoriser les cookies Au départ de ce film, il y a l’envie de mettre en scène les deux compères du film précédent de Gérard Oury, "Le Corniaud".Un film dans lequel, déjà, Louis de Funès joue un hystérique et Bourvil un imbécile au grand cœur."Le Corniaud" est la première comédie de ce jeune réalisateur qui ne fera plus que ça. Le film marche tellement bien que les propositions affluent, notamment d’Hollywood, pour réaliser un "Corniaud 2"."Pas question", dit Oury. "On va faire un film original. Même casting, certes, mais nouvelle histoire".Le réalisateur ressort de ses archives une histoire écrite six ou sept ans plus tôt avec Jean-Charles Tacchella, son vieux complice sur une petite dizaine de l’histoire de deux soeurs jumelles qui, sous l’Occupation, prennent en charge l’équipage d’un bombardier allié..Une affiche du film "La grande vadrouille". [Collection Roger-Viollet/AFP] Louis de Funès, en chef d'orchestre, entouré de Bourvil à gauche et de Terry-Thomas. [Les Films Corona / Collection ChristopheL / AFP] Le 2 avril 1965, Oury et Tachella déjeunent ensemble pour parler du projet. L’après-midi, le réalisateur a convenu d’un rendez-vous avec Bourvil et de pour garder l’équipe des acteurs du Corniaud, il faut changer le scénario. Deux filles pour les rôles principaux? "Et alors? Je les transformerai en hommes! Sautant en parachute de leurs bombardiers en flammes, les aviateurs anglais atterriront dans vos vies toi, Louis, un grand chef d’orchestre puisque tu sais jouer du piano, toi André, un peintre en bâtiment en train de ravaler le mur surplombant la Kommandantur du Gross-Paris", dira Oury à Bourvil et de Funès. Pourtant la France est encore sur ses gardes et faire une comédie sur l’Occupation ne va pas de soi. Avant de faire ce film, qui se passe dans une période particulièrement douloureuse, Oury et son producteur, Robert Dorfmann, hésitent une quinzaine de jours puis décident de de Funès et Bourvil déguisés en soldats allemands dans une scène de "La grande vadrouille". [Les Films Corona / Collection ChristopheL/AFP] Dorfmann y croit. Le quatuor d’origine du "Corniaud" est de retour, gonflé à bloc, avec un seul objectif s’approcher le plus possible des réussites commerciales et artistiques du "Corniaud". Pour y arriver, il va falloir travailler. Gérard Oury engage sa fille, Danièle Thompson, et Marcel Julliand, qui a déjà collaboré sur le "Corniaud".Les trois auteurs quittent Paris pour la Côte d’Azur où ils investissent une villa du Cap d’Ail. Les week-ends, ils sont rejoints par Robert Dorfmann. C’est un travail de bénédictin. Il faut inventer chaque situation, construire le scénario à partir de chaque scène, après avoir bien défini tous les rentrent à Paris mi-juin 1965 avec une première mouture de plus de cent pages et profiteront de juillet pour fignoler quelques à cette période que Michel Modo et Guy Grosso sont appelés en renfort afin d’apporter du sang neuf et des idées nouvelles. La première version définitive du script est datée du 20 novembre 1965. Le casting est fait, les repérages aussi. Le tournage se fera sous le signe de la bonne chère et du bon vin. Gérard Oury est né à Paris le 29 avril 1919. Fils de Serge Tennenbaum, violoniste, et de Marcelle Oury, sans profession, il fut déclaré à la mairie sous le nom de Tennenbaum Max propos de son nom, le réalisateur explique "Mes parents divorcèrent lorsque j'eus trois ans et je fus élevé par ma mère et ma grand-mère. Il était donc naturel que j'adopte leur nom lorsque je décidai d'embrasser le métier d'acteur."A 17 ans, Gérard Oury rêve d'une carrière d'acteur. Après avoir suivi les cours de René Simon, il intègre le Conservatoire aux côtés de Bernard Blier et François Périer. Trois ans plus tard, il monte sur scène avec la pièce "Britannicus" mais doit bientôt fuir le régime de Vichy. Oury a des origines juives. En 1940, il doit quitter la France pour échapper aux mesures antijuives de la France occupée et aux rafles de plus en plus drastiques. Dans cette France coupée en deux, il passe en zone il gagne Marseille, Monaco et enfin Genève. Il utilisera cette fuite dans "La Grande Vadrouille", faisant prendre, 20 ans après, le même chemin de l’exil à ses protagonistes fuyant devant les Allemands. C’est en zone libre qu’il fait ses premiers pas au cinéma, en tant qu’ la fin du film, les protagonistes passeront en zone libre grâce à des planeurs. [ Les Films Corona / Collection ChristopheL / AFP]Quand il revient en France en 1945 à la Libération, il continue à aligner les petits rôles au théâtre et au cinéma et ce n’est qu’en 1959 qu’il passe à la réalisation avec "La Main chaude". Il a alors 40 premier film n’est pas un succès. Il doit attendre 1961 avec "Le crime ne paie pas". Un casting d’exception et un petit rôle pour Louis de Funès. Une rencontre qui est décisive. Louis de Funès lui conseille d’arrêter toute activité autre que la comédie. Conseil suivi. De Funès devient son ami et mentor. Il l’écoute et il fait bien. Oury a alors l’idée de réunir à l’écran de Funès avec Bourvil. Deux monstres sacrés qui n’ont encore jamais tourné ensemble. Le réalisateur Gérard Oury en 1962. [Daniel Fallot - INA/AFP]Avec eux, Oury réalise "Le Corniaud" et totalise 12 millions d’entrées. Après, viendront "La Grande Vadrouille", un des tout grands succès du cinéma français, "Le cerveau", "La folie des grandeurs", "Les aventures de Rabbi Jacob", "L’As des As".Après "Le Corniaud", le réalisateur explique qu’il n’existe pas de recette miracle. Un film burlesque se fait en deux étapes la première, celle de la préparation, peut durer de six mois à deux ans; tout doit être précis. La seconde, celle du tournage, est la période où l’instinct reprend le dessus. Ce n’est que si le cadre est bien solide que l’on peut improviser. Mais au final, il y a peu d’improvisation chez Gérard Oury et ses comédiens. Le tournage de "La Grande Vadrouille" est riche en anecdotes. L’ambiance est au travail mais aussi à la rigolade. Les soirées sont souvent bien arrosées. Il faut dire qu’on se balade en de Funès et André Bourvil dans une des scènes mythiques du film. [Les Films Corona / Collection ChristopheL/ AFP]Le premier tour de manivelle est donné 16 mai 1966. Mais 8 mois ont précédé le tournage. Il a fallu repérer tous les différents dans "La Grande Vadrouille", on se déplace beaucoup. Rien qu’à Paris les ruelles de la Butte Montmartre, le zoo de Vincennes, la salle, les loges, les coulisses, les toits, la fosse d'orchestre et le grand escalier du Palais Garnier, soit l’Opéra de Paris, les égouts, la gare de Lyon, puis le hammam de la Mosquée de Paris, les vallées bourguignonnes, dans le Morvan, à Vézelay, dans le Cantal et dans l’Yonne. Tout se déroule au mieux, le plan de tournage est respecté. Les contretemps surviennent quand même, comme ce matin de panique où une camionnette a disparu. Elle contient toutes les armes du rendues inoffensives, c’est pour un connaisseur un véritable arsenal qui se promène dans la nature. Mais point de voleur, juste le stagiaire chargé de l’acheminent du précieux stock d’armes retrouvé dans un lit auprès d’une jolie fille rencontrée la dimanche 12 juin, on entame la cinquième semaine de tournage avec 200 personnes en tout au service du film qui se bousculent dans les hôtels traverse la France, on rigole, et on laisse des souvenirs impérissables dans les villages visités. Les soirées animées sont l’occasion de scène en Bourgogne dans "La grande vadrouille". [Les Films Corona / Collection ChristopheL / AFP]Gérard Oury, ses comédiens, ses techniciens, tout le monde s’entend et rivalise d’humour pour faire avancer l’action. Louis de Funès improvise et grimpe sur le dos de Bourvil, inventant la scène qui deviendra l'une des plus célèbres du film. Et puis, toute l’équipe rentre à Paris. >> A écouter l'émission Travelling consacrée à ce film AFT Travelling - Publié le 17 juillet 2018 Louis de Funès en chef d'orchestreLe tournage à l’opéra de Paris est une belle surprise. Car cette institution et son puissant syndicat des musiciens interdisent catégoriquement à toute personne étrangère à l’institution d’accéder à la fosse d’orchestre. En mars 1966, alors qu’il ne s’y attend plus, Gérard Oury obtient du directeur général des Théâtres Emile Biasini - puis du ministre de la Culture André Malraux - l'autorisation de tourner dans l'amphithéâtre et dans les foyers plusieurs scènes de son contrepartie, Oury engage le directeur de l'établissement, le compositeur Georges Auric, pour signer la musique du film et le président du syndicat, Robert Benedetti, comme professeur de Louis de Funès. Benedetti accepte immédiatement. Ainsi, chaque matin, de 9 heures à midi, baguette à la main, de Funès répète les gestes du 27 juillet 1966, Oury présente les lieux et l’orchestre à de Funès, une simple répétition sans fard, sans technicien ni Funès est extrêmement tendu, blanc comme un linge. Il s’installe au pupitre sous le regard d’une centaine d’hommes et de femmes un peu goguenards. Il doit interpréter et diriger "La Marche hongroise" de "La Damnation de Faust" d'Hector Berlioz avec les mouvements réels que devrait avoir un chef d' se lance, la musique suit. Après quelques minutes, le chef d’orchestre baisse les bras. Suivi d’un silence solennel. Louis de Funès a dû apprendre la direction d'orchestre pour tenir le rôle de Stanislas Lefort. [Les Films Corona / Collection ChristopheL / AFP]Enthousiastes, les musiciens applaudissent en tapant archets contre violons, flûtes contre pupitres. C’est l’hommage de professionnels à un autre artiste qui a beaucoup étudié et remporté son applaudissements sont totalement improvisés et complètement mérités dans la mesure où l’acteur, fidèle à sa réputation de rigueur professionnelle, a répété pendant trois mois. Bouleversé, la gorge serrée, de Funès a les larmes aux yeux. Oury aussi. Tu m’as donné une des plus grandes joies de ma vie Reste à tourner la suite, le concert. La scène de l’opéra Garnier, c’est 800 figurants. Il faut les habiller, les coiffer, les maquiller. Les habilleuses s’emploient dès 5h30 à transformer tout ce petit monde. La cantine a été installée dans les foyers de l’ l’opéra, direction les studios de Billancourt aux portes de Paris. On y a construit les hammams, les égouts, les loges de l’opéra et on a copié à l’identique le pignon de l’immeuble peinte par Bourvil au début du film. Le tournage s’achève dans la bonne humeur après 17 semaines de travail Bourvil, Louis de Funès et Terry Thomas. [Les Films Corona / Collection ChristopheL/AFP]Le montageAprès le tournage, vient le montage. Le travail a déjà commencé dès la deuxième semaine de tournage. Albert Jurgenson, monteur fétiche de Oury a déjà commencé le travail. Les deux hommes se complètent à merveille. Oury a dans la tête le squelette de son film et sait où il veut aller. J’aimerais que l’on retrouve dans mon film le ton saccadé des dessins animés américains du type Tom et Jerry Le 8 décembre 1966, toute l’équipe est au cinéma Gaumont-Ambassade sur les Champs Elysées. C’est la Première. Tout ce que Paris compte de stars, de personnalités civiles et politiques, de journalistes, se bouscule pour assister à cette soirée de gala. Quelque 500 invités sont prévus, mais ce sont 2000 personnes qui se et distributeurs sont obligés de louer à la dernière minute une salle de projection supplémentaire pour loger les retardataires et les amis d’amis. Aucun des deux acteurs principaux n’a encore vu le film terminé, la copie étant sortie des laboratoires quelques jours plus film est un succès immédiat. Un succès populaire. La critique déteste bien évidemment, parle du plus mauvais film de l’année. Mais tandis que les critiques critiquent, les files d’attente s’allongent devant les cinémas, souvent deux heures avant les vedettes de "La grande vadrouille" Louis de Funès G, Terry Thomas C et Bourvil D, arrivent au Palais du Festival à bord d'une jeep, le 10 mai 1966 à Cannes. [AFP]Tous les records sont pulvérisés. "La Grande Vadrouille" est un film populaire. Le tandem De Funès-Bourvil fonctionne particulièrement bien. Le film explose le record du "Corniaud" 17 millions d’entrées contre 12 film connaît également un grand succès international, en Angleterre grâce à ses acteurs anglais, et en Allemagne où il est la première comédie présentée à l'écran consacrée à la Seconde Guerre mondiale.
Culture Parfois condamné à sauver de sa présence et de son invention des films très imparfaits, de Funès compte aussi dans sa filmographie quelques franches réussites. Petite sélection forcément incomplète. Publié le 27 juillet 2019 à 9h00 Louis de Funès dans son rôle fétiche du gendarme cruchot. Un geste resté célèbre. ©AGIP / Bridgeman Images La Traversée de Paris 1956 C’est en incarnant le sinistre épicier Jambier, 45 rue Poliveau, dans la Traversée de Paris de Claude Autant-Lara que Louis de Funès va donner la première scène immortelle de sa carrière au cinéma. Tiré d’une nouvelle de Marcel Aymé parue en 1947, le film met en scène un chauffeur de taxi au chômage, Martin Bourvil, qui doit convoyer un quintal de cochon en pleine nuit dans Paris occupé avec l’aide d’un quidam qu’il vient de rencontrer, Grandgil Gabin, lequel s’avérera être un peintre oisif cherchant à se donner des frissons dans le marché noir. Dans la scène mythique où Grandgil fait monter les enchères en hurlant le nom de Jambier et en ravageant ses victuailles, de Funès maîtrise déjà son jeu exceptionnel qui fera son succès quelques années plus tard. Pouic-Pouic 1963 En 1952, dans la pièce de Jacques Vilfrid et Jean Girault dont le film est adapté, de Funès tenait le rôle du valet. Reprenant dans la version cinématographique de Jean Girault le rôle de l’homme d’affaires stressé essayant désespérément de se débarrasser sur le dos d’autrui d’une fausse concession pétrolifère que s’est fait refourguer sa femme Jacqueline Maillan, il dynamite le film et, avec la complicité de sa partenaire qui réussit le prodige d’être aussi folle et drôle que lui, le transforme en une tornade des plus réjouissantes. Le premier plan où il apparaît, visage renfrogné en contemplant les cours de la Bourse, juste après que sa femme s’est demandé comment faire naître un sourire d’enfant sur son beau visage las », est prodigieux. Mireille Darc, débutante qui joue sa fille, ajoute à la comédie un merveilleux atout charme. Le Gendarme de Saint-Tropez 1964 De 1964 à 1982 son dernier film, le comédien tournera, sous la direction de Jean Girault, la série des six Gendarme le Gendarme de Saint-Tropez, le Gendarme à New York, Le gendarme se marie, le Gendarme en balade, le Gendarme et les Extraterrestres et le Gendarme et les Gendarmettes où il joue le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, avec Michel Galabru dans le rôle de son supérieur. C’est dans le premier film de la série qu’il invente l’un des gestes qui feront sa célébrité, qui consiste à pointer ses deux doigts vers ses yeux en demandant d’une voix excédée Regardez-moi là ! » Les gags ne sont pas toujours très fins et les films perdront en grâce au fil du temps ; il n’empêche qu’ils ont marqué l’histoire du cinéma populaire et ont emporté la faveur du public. Le Corniaud 1965 Ancien comédien devenu cinéaste dramatique avant que de Funès ne le convainque de se tourner vers le comique, Gérard Oury restera celui qui a donné à son acteur fétiche des comédies parfaitement huilées, à la hauteur de sa magistrale précision comique. Il est aussi celui qui a l’idée géniale de développer le tandem furtivement réuni par Gilles Grangier en 1954 dans Poisson d’avril, où de Funès, en garde-pêche, tourmentait le pêcheur Bourvil. Dans ce récit où le cynique Léopold Saroyan de Funès, ayant embouti la voiture d’Antoine Maréchal Bourvil le matin même de son départ en vacances, décide d’utiliser ce corniaud comme convoyeur d’une somptueuse limousine où est planquée toute une cargaison de drogue et de bijoux volés, la seule erreur d’Oury fut de ne pas leur confier assez de scènes communes erreur qu’il ne manquera pas de rectifier dans la Grande Vadrouille. Le film n’en est pas moins un merveilleux classique, aérien, inventif, parfaitement rythmé la scène merveilleuse, hommage au Dictateur de Chaplin, où de Funès répare la voiture sur un air de Rossini, et les deux acteurs sont au sommet de leur art. La Grande Vadrouille 1966 Oury réunit à nouveau le tandem gagnant du Corniaud, et cette fois le confronte au souffle de la grande histoire deux Parisiens, un chef d’orchestre imbuvable, de Funès, et un peintre en bâtiment bonne poire, Bourvil, embarqués malgré eux dans la résistance à l’occupant nazi, qui lui permet de donner une tonalité épique à l’association dérisoire de ces deux maladroits mal assortis, qui forment un couple sadomasochiste inoubliable. La remarquable alchimie des deux comédiens, les grimaces d’anthologie de De Funès, la précision d’une mise en scène rigoureuse qui sert les gags et les comédiens avec élégance concourent à constituer la comédie familiale par excellence, propre à ravir tous les publics, ce qui explique le succès phénoménal du film, qui détint pendant plus de trente ans le record de fréquentation dans les salles françaises. Hibernatus 1969 Dans ce film d’Édouard Molinaro, Louis de Funès joue le rôle d’Hubert de Tartas. On vient de retrouver le corps congelé du grand-père de son épouse, figé dans ses 25 ans, et la science a réussi à lui redonner vie. Mais pour éviter tout choc psychologique à son réveil, on recrée un environnement Belle Époque, ce qui entraînera une avalanche de situations cocasses, entre mensonges et simulations. Le tournage du film est fastidieux, l’acteur est mal à l’aise, doute et demande régulièrement à changer le scénario encours de route. Mais il est capable d’explosions de génie, comme cette scène improvisée de pure folie où il scande plusieurs fois le nom de sa femme, Edmée, en exécutant une sorte de danse hallucinée. La Folie des grandeurs 1971 En 1960, Gérard Oury a joué Ruy Blas de Victor Hugo, et le personnage de Don Salluste, ce ministre en disgrâce qui ourdit un complot contre la reine d’Espagne, lui paraît potentiellement comique. Après le Corniaud et la Grande Vadrouille, il réfléchit ainsi à un troisième film avec le duo Bourvil-de Funès mais le projet s’éteint avec la mort de Bourvil en 1970. Il renaîtra pourtant avec Yves Montand dans le rôle du valet Blaze dont le rôle est réécrit à sa mesure. Le film révèle une grande actrice comique, Alice Sapritch, qui jusque-là n’avait joué que des tragédies au théâtre. Dense, riche en décors et en gags en tout genre, le film est un succès populaire dans lequel Montand a réussi à conquérir sa place, ce qui n’était pas gagné d’avance… Les Aventures de Rabbi Jacob 1973 Déguiser le très catholique de Funès en rabbin, contraint à cette substitution pour échapper à des tueurs arabes, alors que ce riche patron ne songe qu’à arriver à l’heure au mariage de sa fille, l’idée est grandiose et n’est pas pour rien dans le statut de film culte obtenu par cette dernière collaboration Oury-de Funès. Moins tenu que le Corniaud ou la Grande Vadrouille, souffrant un peu de l’absence d’un compère à la Bourvil, la comédie n’en est pas moins hilarante grâce à un de Funès génial en grand bourgeois bourré de préjugés Salomon, vous êtes juif ? C’est pas grave, je vous garde quand même » et à plusieurs scènes d’anthologie la poursuite dans l’usine de chewing-gum, la danse hassidique de Rabbi Jacob. Après ce dernier coup d’éclat et un nouveau projet commun inabouti, le Crocodile, le cinéaste et son acteur fétiche s’engageront l’un et l’autre dans un irrémédiable déclin.
Louis de Funès et Bourvil dans "La Grande Vadrouille". - Les Films CoronaL'immense classique du cinéma français ressort en salles, cinquante ans après sa sortie. A cette occasion, le fils de Louis de Funès a dévoilé quelques secrets de que plusieurs générations se réunissent dans les salles obscures pour voir et surtout revoir La Grande Vadrouille, BFMTV a rencontré Patrick de Funès, fils de Louis de Funès. Il a ouvert les portes de l'appartement de l'acteur et évoqué des anecdotes du tournage de ce qui allait devenir l'un des films les plus vus en Grande Vadrouille, sorti en 1966 est l'un des plus grands succès de Louis de Funès. Le trio formé par de Funès, Bourvil et Gérard Oury est alors déjà bien rodé. Un an plus tôt, ils ont tourné ensemble Le Corniaud, un autre film devenu culte et qui a fait plus de 11 millions d'entrées en salles."Mon père était très strict sur la technique"Tous trois partagent un même perfectionnisme. "Mon père était très strict sur la technique", évoque Patrick de Funès. "Gérard Oury prenait le meilleur opérateur, tout était ce qu'il y a de mieux. Ca coûtait très cher".Malgré ce perfectionnisme, une grande marge de manoeuvre étaient laissée aux acteurs. Certaines scènes ont ainsi été improvisées par Bourvil et Louis de Funès, comme celle où Bourvil, charriant son partenaire sur ses épaules lui lance "Non mais dites donc, vous ne croyez tout de même pas que je vais vous trimballer sur mon dos. ... Ca fait trois fois que vous me faites ça, mes souliers, mon vélo...""Le metteur en scène comptait sur les acteurs, sur le talent de l'acteur pour apporter des fioritures désirées", explique Patrick de Funès. "Il [Louis de Funès] n'était pas content pendant le tournage, parce que souvent il n'y avait rien d'écrit. C'est arrivé aussi dans Le Corniaud", se tanks de Paris brûle-t-il?"Ce qui a été tourné en studio l'a été en même temps que Paris brûle-t-il., pour économiser de l'argent. Donc ce sont les mêmes voitures, les mêmes tanks qui servent". Le tournage de La Grande Vadrouille a même eu droit aux conseils d'un général allemand, consultant historien sur celui de Paris jour, il passe par hasard sur le plateau, pendant qu'est tournée la scène de l'auberge. "Il dit, 'nous, du temps de la guerre, on s'asseyait sur des chaises à califourchon et on dansait'". L'idée est gardée pour la scène. "Et quand ils dansent, raconte encore Patrick de Funès, c'est le général qui est en tête sur les chaises".La scène des chambres a également beaucoup profité de l'improvisation des acteurs. Une journée de tournage était prévue à l'origine. "Ca a duré dix jours", évoque Patrick de Funès. Là encore, "il n'y avait rien d'écrit". "Avec Bourvil ils étaient écroulés de rire".Louis de Funès applaudi par l'orchestreAutre scène mythique, celle où Louis de Funès, qui incarne un chef d'orchestre dans le film dirige un orchestre. Une scène dont l'acteur était très fier. D'autant que "quand il joue pendant la scène, il dirige vraiment l'orchestre", précise Patrick de Funès. "Il était très intimidé" se souvient-il. "En plus diriger l'orchestre de l'Opéra de Paris... Et c'est George Auric qui lui donnait des leçons!". George Auric n'est autre que le compositeur qui a signé la musique de la Grande Vadrouille. "Mais il n'avait aucun mal, parce qu'il avait un rythme fou. Son passé de pianiste de bar lui avait donné un rythme d'enfer. ... Il avait été applaudi par l'orchestre".
Grand classique du cinéma français, La Grande Vadrouille c’est un duo mythique, un record historique en salle, mais avant tout un humour indémodable qui comble toutes les générations ! Revivez ce film de 1966 à travers notre sélection de répliques incontournables, et plus concrètement vendredi 5 novembre à 20h20 sur La Une, suivi du documentaire La folle aventure de Louis de Funès. Retour sur un film phénomène qui, pourtant, sur le papier n’était gagné d’avance faire rire avec la Seconde Guerre mondiale, 20 ans après… un pari risqué ! Mais un pari à la hauteur du talent de ses comédiens et de son scénariste et réalisateur Gérard Oury, dont voici un échantillon… 2. L'incontournable - Ils peuvent me tuer, je parlerai pas ! - Mais moi non plus, ils peuvent vous tuer, je ne parlerai pas ! - Je savais qu’on pouvait compter sur vous. 3. Hélas ! - Y a pas d'hélice hélas. - C'est là qu'est l'os !4. Comme vous ! - Évidemment, c’est pas des chaussures pour la marche que vous avez là. - Puisque vous me le proposez si gentiment, j’accepte. - Quoi ? - Que vous me prêtiez vos souliers. - Bah, vous chaussez du combien ? - C’est du comme Tea for two and two for tea, me for you and you for Yes ! - Donc I risk on the deux tableaux ? - Yes. - Oui, mais enfin vous dites toujours yes. - Yes. 7. La forme avant tout... - Poussez, vous ! - Parlez-moi sur une autre ton ! Je vous en prie ! - Voulez-vous pousser, maître ? - Voilà, ça j'aime L’art du franglais ! - You come with me to pick up Peter. - Non, you, you come with me to pick Mac Hintosh. - No, you. - I beg your pardon but I don't understand. - And if you don't come, I... I... Oh merde alors comment on dit ! - Mais comment ça " merde alors " ! But alors you are french !9. C'est de la bouillie tout ça ! C'était pas mauvais, c'était très mauvais !10. Oui, oui, oui... - Vous aimez bien tout ce qui est bon, c’est très mauvais. Asseyez-vous. Dites 33. - Thirty three - Oui, oui, oui. La Grande Vadrouille, vendredi 5 novembre à 20h20 sur La Une, suivi du documentaire La folle aventure de Louis de Funès. PARTAGERSur le même sujetArticles recommandés pour vous
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